• Cabot Caboche - éducation canine

Histoire de maître : "Mon chien est réactif aux autres chiens lorsqu'il est en laisse."

"Ma chien est réactif en laisse aux gros chiens... Ce matin, un gros chien est sorti d'un talus et s'est précipité sur lui. Il est amical, mais pas le mien... Je n’étais pas fâchée après le chien, mais après le maître inconscient oui ! D'où ma question : comment dois-je réagir ? Accueillir le chien bien relaxe comme si de rien n’était ? Faire reculer le mien pour tenter d’éloigner l’autre ? "


Que se passe-t-il ?


"Mon chien est réactif en laisse aux gros chiens..."

  • Il n'est pas réactif en liberté. On peut donc supposer que la laisse et/ou la personne qui est au bout contribuent à déclencher le chien.

  • La laisse restreint les mouvements du chien. Il n'est plus en capacité de fuir en cas de stress. Sous stress, s'il n'a plus la fuite, il lui reste 2 stratégies pour gérer la situation : le figement (s'immobiliser, se bloquer) ou l'attaque (aboyer, foncer dessus, mordre).

  • Il est très probable que ce soit d'abord la maîtresse qui ne soit pas (ou plus) à l'aise avec les gros chiens. Si c'est le cas, dès qu'elle voit un gros chien arriver, elle se raidit, se tend et tire sur la laisse pour avoir plus de prise sur son chien espérant ainsi éviter un problème. Du point de vue du chien, l'expérience est toute autre : "Ma maîtresse envoie des signaux de stress et de peur quand nous croisons des gros chiens. Les gros chiens ça doit être dangereux. Je dois me méfier des gros chiens. En plus, à chaque fois qu'un gros chien arrive, je prends un coup de collier. C'est à cause de lui. Les gros chiens sont une menace. "

"Je n’étais pas fâchée après le chien, mais après le maître inconscient oui !"


Revenons dans la tête du chien : "Les gros chiens sont une menace. La preuve ! Ma maîtresse s'énerve et elle aboie (elle crie) elle aussi. Nous sommes deux, nous sommes plus forts. Éloignons la menace ensemble." Les chiens perçoivent toutes nos émotions (souvent même avant que nous ne les percevions nous-même). Ici, il y a fort à parier que la colère ressentie par la maîtresse renforce la croyance de son chien et donc son comportement.


"Comment dois-je réagir ? Accueillir le chien bien relaxe comme si de rien n’était ? Faire reculer le mien pour tenter d’éloigner l’autre ?"


  • "Accueillir le chien bien relaxe". Rester "relaxe" éviterait au moins d'encourager la réactivité. "Accueillir" n'est cependant pas nécessairement la bonne stratégie, surtout si cela signifie s'arrêter pour saluer l'autre chien, les laisser se renifler. Dans cette configuration, laisse + arrêt = figement de la situation et cristallisation des tensions.

  • "Tenter de faire reculer le mien pour tenter d'éloigner l'autre ?". Imaginons la scène : le chien est sous tension, on y ajoute un ordre qu'il sera sûrement incapable de recevoir (son état émotionnel ne le permettant pas). Pour obtenir un résultat, la maîtresse va tirer un peu plus sur la laisse, qui va déclencher une tension sur la coup du chien. Cette tension augmentera la croyance du chien réactif que l'autre chien est le déclencheur et augmentera son stress et son agressivité.


Quelles sont les solutions ?


Sortir de l'urgence en proposant un plan B

Quand le chien vit une situation incommodante, le maître doit être en mesure de lui proposer une solution qui fonctionne (= qui le sort de l'inconfort). N'oublions pas que nos chiens sont des chiens avec des réactions de chiens mais qui vivent dans un monde d'humains. Notre rôle d'humain est de leur apprendre à opter pour des réactions adaptées à notre monde d'humains. Ici, agresser le gros chien n'est pas une réponse adaptée. On doit lui proposer un plan B. Continuer à avancer, rester tranquillement en mouvement est une alternative pertinente ("On avance" = solution / plan B) le résultat étant éloignement des tensions pour le chien.


Apprendre à la maîtresse à mieux se gérer

Les maîtres (sans le vouloir, ni le savoir) sont souvent en partie la cause de ce type de réactions. La plus grande partie de la communication du chien est non verbale. Ils sont aiguisés pour "lire" (et non écouter comme les humains) les informations. Ils perçoivent les plus légers mouvements de notre corps, l’accélération de notre rythme cardiaque, le ton de notre voix qui change, ils sentent les signaux chimiques émis par notre corps lorsque nous ressentons des émotions... La plupart du temps, ils savent mieux (et plus vite !) que nous ce que nous traversons.

Dans ce contexte il est primordial d'apprendre à gérer nos émotions. D'une part pour ne pas "polluer" les situations, d'autre part pour être une figure de sécurité pour notre chien : "Elle est tellement sereine et sûre d'elle ! Je vais la suivre parce qu'elle à l'air d'assurer grave comme bipède ! Avec elle je ne risque rien."


Travailler l'obéissance

C'est via des exercices d’obéissance que vous allez apprendre des postures et/ou positionnements à votre chien (coucher, pas bouger, tu laisses...). Une fois bien acquis, vous pourrez les utiliser comme solutions pour sortir de situations pénibles. Ici, par exemple, le "au pied" combiné au fait de continuer à avancer sera une excellente alternative à "j'aboie, je tire, je mors" à proposer à votre chien lorsqu'il rencontre d'autres congénères qu'il n'apprécie guère.


Améliorer la relation de confiance dans le binôme

La relation de ce binôme (même si elle est construire sur beaucoup d'amour !) est défaillante. On l'a vu, la maîtresse envoie les mauvaises informations à son chien et ne lui offre aucune solution "sécurisante" pour sortir de cette situation anxiogène.

Travailler sur la relation signifiera ici, recréer un lien de confiance et de complicité. Cela permettra ensuite d'apprendre à la chienne à aller chercher la réponse à son problème chez sa maîtresse, qui aura alors toutes les cartes pour lui proposer une porte de sortie digne de ce nom....




Rappel : les analyses et pistes de solutions proposées dans "Histoires de maîtres" sont cohérentes mais non exhaustives. Un programme de rééducation canine ne se construit pas sans une observation sur terrain et un travail en coopération avec les propriétaires.


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