Le besoin de mastication chez le chien

Dernière mise à jour : 15 févr.

Je conseille souvent à mes élèves de donner plus de trucs à mastiquer, gruger, rogner, mordiller, ronger.. à leur chien. En effet, l'activité masticatoire est un exercice indispensable à la vie d'un chien. Regardons ensemble pourquoi, comment et avec quoi la mettre en pratique...


La mastication : un besoin incompressible


La mastication c'est l'action de broyer quelque chose avec ses dents.

Le chien étant un carnivore, la nature l'a doté d'une mâchoire large et musclée et de dents carnassières. Il est physiquement et physiologiquement conçut pour consommer des proies crues. Sa gueule, ses dents, ses mâchoires et ses muscles sont prévus pour mâcher, arracher, déchiqueter, ronger, broyer, viandes, peau, os...


Cette disposition génétique donne une fonction à une partie du corps. Cette fonction créée un besoin incompressible (non-négociable, que l'on ne peut pas empêcher) chez nos chiens.


Il est donc indispensable d'offrir une activité masticatoire à son compagnon à quatre pattes.


Comment répondre à ce besoin ?


En lui offrant des occasions et de la matière à mastiquer. Ces occasions doivent être adaptées au chien. Plusieurs critères sont à prendre en compte :

  • la fréquence (nombre de fois où l'on propose une activité masticatoire) : certains chiens vont en avoir besoin quotidiennement, pas d'autres.

  • la durée de mastication : un chien va mastiquer pendant 1h tandis qu'un autre s'arrêtera de lui-même au bout de 10min. Il est important de laisser le chien décider.

  • la résistance de l'objet : certains chiens vont aimer ronger des matières dures et résistantes, d'autres vont préférer des matières plus douces. Tenez aussi compte du temps de vie de l'objet : un chien avec un gros besoin masticatoire et une grande puissance, se verra offrir des produits plus résistants afin qu'il puisse assouvir son besoin sans frustration.

  • L'appétence de l'objet à mastiquer : pour certains, il faudra que l'objet est une saveur (objets masticatoires consommables) d'autres s'en fichent totalement. Même si le goût n'est pas le sens le plus développé chez le chien, il n'en est pas dépourvu...

  • La variété des objets proposés : il existe une ribambelle d'objets différent (cf ci-dessous). Varier les plaisirs en n'offrant pas toujours les mêmes choses est plus stimulant !

  • L'âge du chien : il faut sélectionner les matières en fonction de la qualité dentaire du chien, un chiot n'a pas la même dentition qu'un chien adulte ou qu'un vieux chien.

  • La taille du chien : le chien doit pouvoir emporter, tenir et prendre en gueule l'objet pour se l'approprier et en profiter pleinement.

Pour proposer une formule adaptée à son chien, il suffit de prendre le temps de faire des tests et de l'observer. Ajoutons-y un peu de bon sens et le tour est joué !


Quoi choisir ?


Il existe une grande quantité d'objets à mastiquer différents. Impossible de les énoncer dans le détails. En voici quelque-uns...

Les naturels :

Petite durée de mastication (gourmande) :

  • les oreilles de boeuf, de porc, de lapin... séchées

  • les cous de dinde séchés

  • trachée de bœuf séchée

  • tendons de boeuf, de porc...séché

  • les sabots de veau

  • les pattes d'agneau séchées

Moyenne durée de mastication (gourmandise variable selon les produits)

  • Le fromage de Yack (bâtonnet de fromage dur) : il est fabriqué à partir de lait transformé, puis pressé et séché pendant plusieurs semaines

  • Les os (extrêmement appétants) : il faut donner uniquement des gros os (type rotule) crus et charnus pour lesquels la chaîne du froid a été respectée. Privilégier des os de bœuf, veau, cheval...

  • Le bois

  • d'olivier

  • de bruyère

  • de café

Grande durée de mastication (pas tellement gourmand)

  • Les cornes (de la plus dure à la moins dure)

  • de buffle

  • de vache

  • de mouton

  • Les bois (peuvent être fendus, ce qui rend la moelle de la corne accessible. Le bois est alors plus tendre et plus gourmand).

  • de cerf

  • de daim (la forme varie de celle du bois de cerf et la matière est moins dure.)




Les fabricants ne manquent pas de créativité. Il existe aussi des tripes séchées ayant la forme d'un os, des pattes de cerf, des pieds de cochon, des queues de bœuf, de la peau de sanglier...


Les non "naturels"

Autrement dit des jouets ! Et il en existe beaucoup. On les distingue par leurs différentes :

  • Formes : on en trouve en forme de bâton, d'anneau, pneu, boule, os, cuisse de poulet...

  • Matières : silicone, caoutchouc, plastique, tissu, corde... les matières offrent des résistances et sensations différentes. Chaque chien à ses préférences.

  • Couleurs : proposer des objets de couleurs différentes est aussi une façon de diversifier les expériences.

  • Textures : certains sont lisses, d'autres rugueux. Il y en a aussi avec des petits pics en silicones, des stries, des carreaux ou des trous.

  • Sons : parfois ils couinent (plus ou moins aigus). Le bruit peut-être très stimulant pour certains chiens ce qui les encourage à mastiquer.

  • A "fourrer" : ce sont des jouets "troués" ou conçus avec des stries prévues pour accueillir de la nourriture. Le chien doit alors mastiquer, mordre, lécher pour accéder à la friandise.



Les objets à éviter


Attention, certains jouets ne sont pas du tout adaptés à l'activité masticatoire :

  • Les peluches : elles sont facilement déchiquetables et il n'est pas rare que le chien réussisse à les éventrer au risque d'avaler la mousse de la peluche.

  • Les os en cuir séché (image n°1) : ils sont très répendus et pourtant à éviter car constitués de vieux cuir reconditionné et sur-traité chimiquement.

  • Les os cuits : un os cuit devient friable. Le chien, en le mastiquant, le brise en petits bouts très tranchants qui peuvent lui perforer l'estomac.

  • Les os crus non conservés selon le respect de la chaîne du froid : de mauvaises bactéries peuvent venir contaminer la viande et rendre le chien malade.




Les plus de la mastication


En plus de substanter un besoin inéluctable, l'activité de mastication est particulièrement bénéfique pour le chien. Elle permet :

  • De libérer des endorphines. Les endorphines (aussi appelées "hormones du bonheur") interviennent dans le circuit neurologique de la récompense et du plaisir. Elles ont un effet analgésique (réduction de la douleur) et sont connues pour participer à la réduction du stress.

  • D'entretenir sa dentition. Pour la plupart des chiens, la mastication va avoir un effet détartrant. En rognant, il frotte ses dents !

  • De "fatiguer" le chien. L'action de mastiquer mobilise l'attention et la concentration du chien. Il mobilise aussi fortement sa mâchoire musclée. En mastiquant, le chien se dépense considérablement, ce qui contribue à le "fatiguer".

  • De protéger nos meubles ! Proposer des objets à mastiquer à son chien, c'est lui enseigner qu'il y a des choses qu'il a le droit de manger...et pas d'autres !

  • De distraire, occuper, amuser le chien. S'il prend du plaisir à mastiquer, il s'occupe. Ça lui permet de se distraire ce qui rend sa vie plus intéressante.


On l'aura compris, il serait dommage de se priver de proposer une activité masticatoire adaptée, riche et stimulante aux chiens tant elle est bénéfique à son bien-être !




Sources photos : zoomalia, zooplus, cernunos.